POLITIQUE

Embouteillages à Kinshasa, un problème politique à gérer. (Tribune de Gaetan Dauphin Nzowo)

Les embouteillages à Kinshasa ne sont pas qu’une question d’infrastructures routières ou de comportements des usagers. Ce problème, chronique et systémique, révèle avant tout une crise politique. Gouverner, c’est prévoir, organiser et anticiper les besoins d’un peuple. Or, quelle est la véritable politique du président Tshisekedi et de son gouvernement face à l’urgence de désengorger Kinshasa et d’améliorer la qualité de vie de ses habitants ? La réponse à cette question est floue, fragmentaire, et malheureusement insuffisante.

UN RÉSEAU ROUTIER INADÉQUAT ET NÉGLIGÉ

Kinshasa, une mégapole de plus de 17 millions d’habitants, repose sur un réseau routier largement insuffisant. La ville dispose de très peu de kilomètres de routes, et parmi eux, une faible portion est correctement asphaltée. Ces routes sont mal entretenues, jonchées de nids de poule et régulièrement exposées à l’érosion. L’absence de systèmes de drainage efficace aggrave les dégâts, notamment pendant les saisons des pluies, où certaines artères deviennent impraticables.

De plus, les infrastructures de signalisation sont quasi inexistantes. Très peu de routes disposent de panneaux de direction, de marquages au sol ou de feux tricolores fonctionnels. Cette absence de signalisation contribue au chaos routier, augmentant les accidents et ralentissant davantage la circulation. À cela s’ajoute le fait qu’un grand nombre d’usagers de la route, y compris des chauffeurs appartenant à des hautes autorités, circulent sans permis de conduire ni assurance, une preuve supplémentaire que l’anarchie commence au sommet de l’État.

𝙌𝙪’𝙚𝙣 𝙚𝙨𝙩-𝙞𝙡 𝙙𝙚𝙨 𝙛𝙖𝙢𝙚𝙪𝙭 “𝙨𝙖𝙪𝙩𝙨-𝙙𝙚-𝙢𝙤𝙪𝙩𝙤𝙣”, ces infrastructures qui devaient fluidifier la circulation, sont devenus des symboles de promesses non tenues. Nous dirons sans macher les mots qu’ils ont été faits dans l’urgence et sans vision d’ensemble, et n’ont pas permis de résoudre durablement les problèmes de congestion. De la même manière, l’imposition de sens unique depuis quelques mois dans certaines communes, appliquée sans étude préalable, ne font que déplacer les embouteillages d’un quartier à un autre au lieu de les réduire totalement.

Les contrôles routiers sporadiques, souvent détournés en prétextes à extorquer les automobilistes, ne font qu’ajouter au désordre ambiant. Toutes ces actions témoignent d’un État qui agit sans vision cohérente, adoptant des mesures réactives plutôt que des politiques structurées et pérennes.

Nous avons encore foi et pensons que Kinshasa n’est pas condamnée à l’immobilisme. Le véritable problème n’est pas l’absence de solutions, mais le manque de volonté politique pour les mettre en œuvre. 𝘾𝙤𝙢𝙢𝙚 𝙡𝙚 𝙙𝙞𝙨𝙖𝙞𝙩 𝙁𝙧𝙖𝙣𝙩𝙯 𝙁𝙖𝙣𝙤𝙣 : “Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir.” Alors, sommes-nous prêts à relever ce défi ou allons-nous continuer à observer et nous plaindre dans nos maisons?

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