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Insolite : « Fête ezui 12 » Une fin d’année sans décoration à Kinshasa

À Kinshasa, la capitale de la République Démocratique du Congo, la fin d’année rime traditionnellement avec festivités et décorations éclatantes. Chaque année, l’Hôtel de Ville se distingue par des ornements créatifs et innovants, illuminant les grandes artères de la ville. Ces décorations inspiraient les Kinois qui, à leur tour, embellissaient leurs quartiers, avenues et maisons, perpétuant une tradition joyeuse et festive.

Cependant, cette année, la ville semble avoir perdu sa magie. Les décorations ont disparu des espaces publics, des quartiers et des foyers, laissant une ambiance terne et inhabituellement silencieuse.

À l’Hôtel de Ville, aucune explication officielle n’a été fournie pour justifier l’absence de décorations. Du côté des Kinois, les interprétations varient, mais un consensus semble se dégager : la situation économique difficile aurait contraint beaucoup de familles à revoir leurs priorités.

« Les gens forcent pour s’en sortir, mais ils n’y arrivent pas. C’est très difficile. Les parents avec des enfants dans les supermarchés circulent sans rien acheter de concret. Le pays va très mal. Même avec des efforts, on n’arrive pas à mieux célébrer cette fête », déclare Arnauld mbunga alias Set, résidant de Kintambo Jamaïque, interrogé par la rédaction de News.cd.

Kinshasa, connue comme une ville festive, n’a pourtant jamais laissé sa situation économique difficile étouffer son esprit de fête. Dans le passé, malgré des conditions précaires, les Kinois trouvaient toujours des moyens de célébrer et d’embellir leur ville. Cette année, l’absence quasi totale de décorations semble marquer un tournant, témoignant d’une fatigue collective face aux défis économiques et sociaux.

Au-delà des décorations, cette atmosphère morose reflète le profond malaise que traverse la population. Avec une inflation galopante et un pouvoir d’achat en chute libre, même les besoins essentiels deviennent un luxe. Cette crise économique n’épargne personne, réduisant les festivités à leur plus simple expression.

Si l’année 2024 finit sans éclat, l’espoir reste ancré dans le cœur des Kinois. Ceux-ci continuent de rêver d’un avenir meilleur où les traditions festives pourront reprendre leur place, reflétant non seulement leur joie de vivre, mais aussi une amélioration réelle de leurs conditions de vie.

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