RDC : les propos de Tshisekedi sur un nouveau mandat provoquent une levée de boucliers dans l’opposition

Les déclarations de Félix Tshisekedi sur une éventuelle nouvelle candidature présidentielle ont immédiatement ravivé le débat sur la Constitution en RDC. Lors de sa conférence de presse tenue mercredi 6 mai à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa, le chef de l’État a affirmé qu’il pourrait briguer un nouveau mandat si la population congolaise le lui demandait.
Cette sortie, faite devant les médias au cours d’un échange de près de trois heures, a suscité une série de réactions au sein de l’opposition, qui y voit les signes d’une volonté de prolongation du pouvoir. Parmi les premières voix critiques figure Claudel Lubaya.
Dans une publication sur X, l’opposant a rejeté toute interprétation populaire pouvant justifier un dépassement des limites constitutionnelles.
« Aucune disposition de la Constitution ne prévoit qu’une prétendue volonté populaire puisse justifier une violation de sa lettre et de son esprit », a-t-il écrit.
À travers cette déclaration, Claudel Lubaya rappelle que la Constitution congolaise fixe des règles précises en matière de révision constitutionnelle et qu’aucune mobilisation politique ou populaire ne peut servir de fondement légal à une transgression de ses principes fondamentaux.
En évoquant les articles 64, 164, 165 et 218 de la loi fondamentale, l’opposant insiste sur le fait que la protection de l’ordre constitutionnel constitue un devoir pour tous les citoyens et les autorités publiques.
Delly Sesanga met en garde contre une nouvelle crise institutionnelle
Même tonalité chez Delly Sesanga. L’opposant considère que les intentions du pouvoir sont désormais clairement affichées. « Ce soir, les masques sont tombés. Félix Tshisekedi manœuvre désormais à découvert pour un troisième mandat par plébiscite », a-t-il déclaré.
Le président du parti Envol met en garde contre les conséquences politiques d’une telle orientation. Selon lui, la RDC risque de replonger dans des tensions institutionnelles si le débat sur la limitation des mandats présidentiels venait à s’intensifier. Il appelle ainsi « tous les démocrates » à défendre l’ordre constitutionnel face à ce qu’il qualifie de dérive politique.
Ces réactions montrent que les propos de Félix Tshisekedi ont déjà ouvert une nouvelle séquence politique autour de la Constitution et de l’alternance démocratique. À plus de deux ans des prochaines échéances électorales, le débat sur un éventuel troisième mandat pourrait désormais s’imposer comme l’un des principaux points de fracture entre le pouvoir et l’opposition en RDC.