RDC : Thérèse Kayikwamba appelle l’ONU à agir contre l’exploitation illégale des minerais de l’Est

La République démocratique du Congo a appelé les Nations unies à durcir leur réponse face à l’exploitation illicite des minerais critiques qui alimente les conflits dans l’est du pays. Intervenant mardi 14 juillet à New York, lors d’une réunion de haut niveau consacrée aux minerais stratégiques pour la transition énergétique, la ministre d’État aux Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a exhorté la communauté internationale à agir davantage contre les réseaux qui profitent du commerce clandestin des ressources minières congolaises.
Devant les États membres de l’ONU, la cheffe de la diplomatie congolaise a affirmé que l’exploitation illégale des minerais constitue désormais une menace directe pour la souveraineté de la RDC. « Pour des pays comme le mien, il ne s’agit plus seulement d’une question de développement. L’exploitation illicite affaiblit l’autorité de l’État, érode la souveraineté et peut s’accompagner d’une violation de l’intégrité territoriale », a-t-elle déclaré.
S’appuyant sur le cas de Rubaya, dans le territoire de Masisi (Nord-Kivu), Thérèse Kayikwamba a rappelé que cette zone produit une part importante du tantale consommé dans le monde. Elle a également cité les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies, selon lesquelles au moins 1 400 tonnes de coltan auraient été acheminées clandestinement vers le Rwanda après la prise de contrôle des mines par le M23, générant environ 800 000 dollars par mois au profit de ce groupe armé.
La ministre a, en outre, regretté l’absence de sanctions des Nations unies contre les Forces de défense rwandaises, malgré les rapports des experts onusiens. Selon elle, cette situation illustre les limites du dispositif international actuel face aux liens entre l’exploitation illégale des ressources naturelles et le financement des groupes armés dans l’est de la RDC.
Cette intervention s’inscrit dans la stratégie diplomatique menée par Kinshasa pour obtenir une reconnaissance internationale du rôle des minerais dans la poursuite du conflit dans l’est du pays. Les autorités congolaises plaident depuis plusieurs mois pour un renforcement des mécanismes de traçabilité, des sanctions ciblées et des actions internationales destinées à assécher les circuits de financement des groupes armés opérant dans les zones minières.