RDC : OCC, de l’excellence commerciale à l’excellence technique. Analyse d’un changement de paradigme institutionnel (Tribune de Sigis Aberi lumbule)

En dépit d’une législation favorable conférant un éventail élargi d’activités aux entreprises publiques, très peu d’institutions publiques de l’État congolais ont véritablement connu une transformation organisationnelle interne. L’analyse de l’évolution stratégique de la plupart d’entre elles révèle un ralentissement général de leur croissance ainsi qu’une faible spécialisation dans leur métier et/ou leur mission de base. Cette situation perdure, pour certaines depuis leur création.
A cet égard, malgré l’absence d’une véritable concurrence et leur position de monopole dans leurs secteurs respectifs, force est de constater que plusieurs de ces institutions n’ont pas réussi a engager une véritable restructuration ni à opérer une transformation institutionnelle profonde. Par ailleurs, la faible spécialisation dans leur métier de base, conjuguée à plusieurs autres griefs de gouvernance, résume la problématique de performance de ces dernières.
En conséquence, la qualité de l’offre de service de la quasi-totalité des entreprises publiques demeure relativement faible face à une demande de plus en plus croissante. Cette situation s’observe dans presque tous les secteurs d’intervention des entreprises publiques de l’État, notamment : la communication, l’énergie, la santé, l’éducation, l’assurance, l’inspection et le contrôle. Face à ce constat, le gouvernement avait initié, un vaste programme de restructuration dénommé COPIREP.
Au terme de ce processus, l’Office congolais de contrôle a connu une mutation institutionnelle, passant d’une société commerciale a un établissement à caractère technique et scientifique. Cette réforme visait essentiellement à recentrer chaque entreprise publique au cœur de son métier et de son domaine de prédilection, avec pour objectif ultime de renforcer sa performance, d’assurer sa viabilité et de consolider son utilité publique.
RENAL : instrument de changement institutionnel à l’OCC.
Au-delà la production et les recettes réalisées par ses prestations classiques, essentiellement issues de l’exploitation par la facturation de frais de contrôle, selon le type de contrôle. L’implémentation des laboratoires à travers la République a considérablement modifié le regard et la perception du public et des autorités sur les fonctions de l’Office congolais de contrôle. Longtemps assimilé a une régie financière, au même titre que la DGDA, l’OCC affirme progressivement sa véritable vocation scientifique et technique au service de la population congolaise.
A ce jour, l’OCC dispose dans son patrimoine de 89 laboratoires multisectoriels regroupés au sein du réseau national des laboratoires RENAL en sigle, intervenant dans le contrôle de la qualité, et l’évaluation de la conformité des produits.
Au-delà des aspects purement techniques, l’impact du RENAL demeure considérable au regard des enjeux économiques et institutionnel de la République. Il s’agit notamment de la souveraineté nationale en matière de contrôle qualité ; la lutte contre la fraude et la sous-évaluation des exportations ; la compétitivité des produits congolais sur les marchés régionaux et internationaux ; la modernisation et l’accréditation des laboratoires.
En outre, le réseau opérationnel des laboratoires OCC, dispose des compétences variées en ressources humaines. Cette expertise contribue à faire de l’Office Congolais de Contrôle un organisme tiers de l’État dans le domaine de l’inspection et de contrôle qualité.
L’accréditation des laboratoires : enjeu majeur pour le futur.
La notoriété de l’OCC comme un véritable organisme tiers de l’État a vocation scientifique et technique, passe aussi par la reconnaissance formelle de compétences de ses laboratoires, et donc l’accréditation. L’implantation des laboratoires à travers le pays démontre une volonté de déploiement territorial, cependant leur accréditation permettrait de démontrer la crédibilité scientifique et technique de l’institution. Le nouveau business model de Gouvernance insufflé par la Direction générale en association avec le responsable du département laboratoire ont déjà facilité à ce jour, l’accréditation de 15 laboratoires.
Leadership et gouvernance comme outils de changement institutionnel.
Après plusieurs moments de gronde sociale, la gestion de l’Office est en mode stabilisation autrement dit encours de redressement. Cette nouvelle orientation stratégique traduit la convergence des engagements des différentes autorités impliquées dans la gouvernance de l’institution, à savoir : SEM Julien Paluku ministre du commerce extérieur et autorité de tutelle ; le Dr Noha, président du conseil d’administration et organe d’orientation : ainsi que le comité de gestion, piloté par le DG le Professeur Pierre Lohohola et de Madame la DGA Christelle Muabilu.
En définitive, le passage de l’excellence commerciale à l’excellence technique, est bien au-delà d’une simple mutation organisationnelle de l’OCC. Cette transformation institutionnelle, démontre la volonté des engagements de l’Office. Ce repositionnement stratégique est élogieux d’autant plus qu’il recentre l’Office congolais de contrôle au cœur de son métier et de son domaine de prédilection.
(Sigis Aberi lumbule Économiste.)