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Fayulu absent à la prochaine Présidentielle : « Sa décision est une aubaine pour le président sortant, car en cas d’échec l’opposition ne saura à qui rejeter la faute »[Éric KAMBA]

« Martin Fayulu jette l’éponge à 6 mois du scrutin présidentiel. Son départ crée un vide dans l’opposition qui n’est pas en mesure de présenter un candidat valable pour affronter Felix Tshisekedi à la présidentielle 2023. Sa décision est une aubaine pour le président sortant, car en cas d’échec l’opposition ne saura à qui rejeter la faute », Tribune d’Eric Kamba, coordonnateur de l’ASBL Congo Actions pour la Diplomatie Agissante CADA.

Quelle lecture faire de la décision de Martin Fayulu, président du parti politique ECIDE , parti de l’opposition, décision selon laquelle ECIDE ne va pas déposer les candidatures de leurs membres à tous les niveaux des élections, tant que le fichier électoral, c’est-à-dire la liste des électeurs ne sera pas refaite dans la transparence et auditée par un cabinet extérieur, compètent en
la matièr ?

Martin Fayulu a annoncé, ce lundi 19 juin, au cours d’une conférence de presse, que lui et son parti, ne déposeront pas les candidatures à tous les niveaux tant que le fichier électoral ne sera pas audité par un cabinet indépendant des experts en matière d’élection et de bonne gouvernance.

A ce niveau, la question que l’on se pose est de savoir si cette démarche du Président National de l’ECIDE est tout simplement stratégique et vise d’une part à envoyer un message à la communauté internationale, pour saboter les élections, en parlant de la fraude anticipée et imaginaire afin d’ empêcher la réélection de Monsieur Tshisekedi , et d’autre part, une stratégie qui s’aligne avec les objectifs de leur bloc de quatre, composé de Moise Katumbi, Martin Fayulu, Delly Sessanga et Matata mponyo.

Pour ce bloc de quatre, Monsieur Felix gère mal la chose publique et par conséquent, il doit tomber, ils font donc tout pour énerver les congolais qui crèvent de faim, en espérant un soulèvement populaire, et le chaos de la part de la population.

  • Le candidat malheureux à la présidentielle de 2018 a-t-il jeté l’éponge pour créer l’espace politique à Moise Katumbi qui n’arrive pas jusque la à se démarquer ?
  • L’argent a-t-il circulé pour obtenir l’abandon de la part de celui-là même qu’on a appelé jadis « Soldat du peuple » ?
  • Étant donne que le trio, Katumbi, Sessanga et Matata sont partants, est ce que ce leader de l’opposition qui, autrefois, s’était autoproclamé « président élu » aura-t-il à soutenir les membres de sa coalition pour battre campagne et faire barrière à Felix pour l’empêcher de remporter un deuxième mandat?
  • Quel est l’avenir politique de Monsieur Martin Fayulu, faut-il ici annoncer sa retraite politique précoce ?
  • Martin Fayulu croit -il au glissement qui donnerait place au dialogue pour la formation du gouvernement ?

Pour tenter de répondre à ces questions, nous avions fait recours à l’histoire politique des élections de notre pays.

L’histoire des élections dans la République Démocratique du Congo a toujours été marquée par des défis extrêmes.

Commençant par l’assassinat du premier ministre élu, Patrice Lumumba en 1961, les premières élections « démocratiques » ont eu lieu au moment de la transition de 2006, transition destinée à consolider le processus de paix entre congolais, après 10 ans de guerre civile. Ensuite, il y a eu les élections de 2011, qui , elles ont été l’occasion de renforcer une culture démocratique dans notre pays.

Les élections de 2011 ont connu une participation de beaucoup d’acteurs politiques Congolais. Le processus a eu le support et le soutien de la Communauté Internationale.

En ce qui concerne la CENI, organisation nouvellement créé le 28 novembre, 2011, les élections présidentielles et législatives nationales vont être le premier test pour cette organisation électorale dirigée par des Congolais.

Bien que bénéficiant toujours de l’assistance des donateurs internationaux et le soutien de la mission des Nations unies au Congo, le rôle des des acteurs internationaux dans ces élections a été très réduit par rapport à 2006.

Des millions de citoyens congolais avaient participé a ces élections nationales du 28 novembre 2011, qui ont été une deuxième occasion leur donnée pour exercer leurs droits civiques depuis qu’un accord de paix encore fragile avait été négocié par l’Afrique du Sud en avril 2002 après cinq ans des conflits les plus meurtriers d’Afrique.

Lors des élections de 2006 et de 2011, le Peuple congolais avait démontré au monde sa détermination à voter, une détermination qui méritait les soutien et encouragement de la communauté internationale. C’est ainsi que ces deux élections nationales sont considérées à juste titre comme le plus libres et le plus inclusives depuis le temp colonial belge.

A l’issue du scrutin de 2011, le Président congolais avait été réélu avec près de 49% des suffrages. Un scrutin marqué par des fraudes. Son principal rival Etienne Tshisekedi revendiquait lui aussi la victoire. Malgré les imperfections, les résultats de ces élections n’avaient pas été invalidés pour procéder à un nouveau scrutin. Ils avaient été acceptés comme tels.

L’on se souviendra qu’il y avait des nombreux défis dans la conduite de ces élections, notamment la compilation des résultats, problèmes d’inscription, listes électorales, longues files d’attente, procédures de vote complexes, des listes de candidats, des cas d’intimidation et de danger physique pour les électeurs.

Tous ces défis n’avaient pas dissuadé la majorité des gens à manifester leur désir de voter pour leurs candidats de leurs choix.

Force est de souligner que la promotion et la protection de ces droits étaient la responsabilité de la CENI, avec le soutien du Gouvernement de la République Démocratique du Congo.

Point n’est besoin de rappeler que plusieurs problèmes et irrégularités avec le fichier électoral biométrique ont été constatés. Aucun audit du fichier n’a eu lieu en dépit de plusieurs demandes d’une partie de l’opposition, notamment de l’UDPS, malgré des nombreuses protestations publiques.

Les experts et organismes internationaux avaient même déploré le manque de transparence qui avait entouré les opérations de nettoyage du fichier électoral par la CENI qui n’avait pas été également en mesure de fournir les rapports de ces opérations.

L’élection présidentielle Congolaise de 2018 a eu lieu le 30 décembre 2018, La campagne était
dominée par l’affrontement entre trois candidats : Emmanuel Ramazani Shadary, Félix Tshisekedi, et Martin Fayulu. L’opposant Félix Tshisekedi a été proclamé vainqueur pour succéder à Joseph Kabila.

Un résultat en contradiction avec les données collectées par l’Eglise catholique. M. Fayalu avait de son côté dénoncé, quelques heures après l’annonce de la CENI, un « putsch électoral » : affirmant que « ces résultats n’ont rien à voir avec la vérité des urnes ». Quelques temps après il s’autoproclama « Président élu”.

Aujourd’hui encore, le Président National de l’ECIDE exige des élections crédibles, transparentes, impartiales, inclusives et apaisées, conformément à la constitution de la République :

  • Il accuse déjà la CENI de vouloir conduire un processus électoral fondé sur un fichier électoral fabriqué de toute pièce ;
  • Il a demandé à la société civile congolaise à manifester leur indignation face à ce qui se trame comme fraude électorale et à la diaspora congolaise de se déployer pour sensibiliser les institutions des pays de leurs résidences et leur demander de ne pas reconnaitre le processus électoral non transparent et entaché d’irrégularités ;
  • Il appelle la population Congolaise à faire
    valoir l’article 64 de la constitution afin de ne pas permettre la tenue des élections dont les résultats sont préparés d’avance en faveur de Mr. Félix Tshisekedi.

Suivant l’analyse des beaucoup d’experts, Mr Fayulu semble ne pas s’en sortir. Son association avec le trio Katumbi, Sessanga et Matata était une très mauvaise décision qui a terni son image politique.

D’aucuns pensent que ce désistement par le Président de l’ECIDE est une certification pure et simple de la victoire certaine du Président Felix Tshisekedi en ce sens que l’opposition ne sera pas en mesure de présenter un candidat valable à la présidentielle 2023. Moise Katumbi se bat toujours pour convaincre les Congolais qu’il est éligible.

Matata Ponyo est plus que conscient de sa culpabilité dans l’affaire Bukanga Lonzo et cherche à tout prix se soustraire à la justice. Sessanga est rattrapé par son passe de rebel et est souvent considéré comme un poids plume et donc sans réelle force politique.

Notons que cette opposition dite « bourgeoise » n’a jamais fait ses preuves sur terrain en termes de visibilité et mobilisation des masses.

Elle n’a jamais participé à l’élection présidentielle, et est très mal placée pour poser des préalables. En plus, elle a échoué dans sa volonté de susciter une insurrection et de renverser l’ordre institutionnel lors de sa dernière marche contre la vie chère, l’insécurité dans le pays et leur « sitting » à la CENI.

Nous pensons que l’opposition, si elle était responsable et républicaine, devrait plutôt présenter des excuses à la population Congolaise pour tous ses manquements de nature à troubler l’ordre public, social et la paix des paisibles citoyens.

Les cas des députés Safu et Mukebay sont les plus troublants, quand on sait que ces deux représentants du peuple, membres de l’opposition ont fait appel à la haine pour inciter et inviter la population à la violence pouvant entrainer des destructions des biens publics et privés, des blessés, ou de nombreuses pertes en vies humaines.

Il est à noter aussi la mauvaise foi de cette même opposition qui cherche à tout prix à discréditer le Gouvernement de la RDC aux yeux de la communauté internationale.

Alors que le pays est agressé par le Rwanda, les membres de cette opposition ont du mal à dénoncer l’agression et citer le nom du Rwanda et son président Paul Kagame comme « agresseurs » de la RDC.

Nous allons conclure cette tribune par rappeler à l’opposition bourgeoise Congolaise que les élections sont entendues comme étant le moyen par lequel les peuples des démocraties se choisissent leurs dirigeants.

Les élections parfaites n’existent aucune part ailleurs dans le monde, la Commission Électorale a toujours fait face à des critiques pour ce genre des problèmes.

Cependant, en faisant recours à certains paramètres que l’on peut utiliser comme baromètre, il serait possible de voir si les échéances électorales peuvent être respectées et les contraintes de scrutin aménagées afin d’avoir des élections crédibles, transparentes, impartiales, inclusives et apaisées, conformément à la constitution de la république. Cependant, beaucoup des difficultés de toute nature pèsent encore sur ledit scrutin.

En jetant un regard rétrospectif sur le passe de chacun de ces « self proclaimed opposants », l’on se rend compte des faits suivants :

  1. Qu’est ce que MATATA peut encore faire qu’il n’a pas pu faire ?
    En effet , lorsqu’il était avec Kabila. Il a été même premier Ministre, chef du Gouvernement, quel a été son bilan ?
  2. Sesanga, un inconnu qui a œuvré dans le RCD, groupe armé allié au Rwanda comme le M23. Quel discours peut-on attendre pour terminer la guerre avec un valet des rwandais?
  3. Martin Fayulu, lui qui a déséquilibré l’opposition en son temps en donnant sa voix à André Kimbuta pour gérer la ville de Kinshasa. Quelle garantie peut-il donner aux congolais?
  4. Moise Katumbi, avec un niveau d’études très bas, sans aucun parent congolais selon l’opinion publique des Congolais. Il serait devenu politicien à la faveur de la fabrique du PPRD pour faciliter l’exportation des minerais au profit de Kabila .

Que peut-on attendre d’un pareil homme politique.
Les politiciens congolais, en général, n’ont pas de culture politique. Leur Projet de société, c’est chercher à tout prix d’être du côté du pouvoir. Qu’ils appellent « bon côté de l’histoire « .

Même pour les opposants actuels, il y aurait des fortes chances qu’ils cherchent par tous les moyens à avoir le pouvoir pour se partager les gâteaux au moment opportun au cas où les élections ne pourront pas etre organisées dans le délais. Il y en a parmi les politiciens, ceux qui ont réussi leurs coups en se faisant débaucher pour être du côté du pouvoir.

Pour notre part sur ce sujet, nous demandons au président Félix Tshisekedi de faire ou de tenter quelque chose de différent cette fois – ci en cas de sa victoire certaine en décembre 2023.

Le Président ne devrait pas tendre sa main à ses « adversaires politiques » après les avoir battus. Il devrait faire appel à une nouvelle classe des hommes politiques qui soient intègres et honnêtes. Les hommes aux idées innovantes pour faire avancer le Congo.

Eric Kamba, Coordonnateur de l’ASBL CADA

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