RDC : la LUCHA et Filimbi rejettent tout « troisième mandat déguisé » de Tshisekedi

Des mouvements citoyens du Sud-Kivu haussent le ton contre le débat sur une éventuelle réforme constitutionnelle en République démocratique du Congo. Dans un communiqué conjoint publié le 12 mai, douze organisations, dont LUCHA, Filimbi et le Front Citoyen, accusent le pouvoir de vouloir préparer un maintien de Félix Tshisekedi au-delà de 2028.
Les signataires réagissent aux déclarations du chef de l’État lors de sa conférence de presse du 6 mai à Kinshasa, au cours de laquelle il s’était dit prêt à briguer un nouveau mandat si les Congolais le souhaitaient. Pour ces mouvements citoyens, l’heure ne devrait pas être à l’ouverture d’un débat constitutionnel alors que l’Est du pays reste plongé dans l’insécurité.
Dans leur communiqué, les organisations dénoncent une tentative de détourner l’attention des urgences sécuritaires et sociales qui frappent plusieurs provinces du pays. Elles estiment que la priorité devrait être accordée à la protection des populations civiles, au retour des déplacés et à la restauration de la paix dans les zones affectées par les conflits armés.
« Le peuple congolais ne peut accepter que les questions liées au maintien au pouvoir de Félix Tshisekedi prennent le dessus sur les urgences sécuritaires, humanitaires, politiques et sociales », affirment les mouvements citoyens.
Les organisations signataires rappellent également leur attachement à la Constitution de 2006 qu’elles considèrent comme le socle de l’alternance démocratique en RDC. Elles avertissent qu’une réforme constitutionnelle dans le contexte actuel risquerait d’aggraver les tensions politiques et de fragiliser davantage la cohésion nationale.
Dans la foulée, ces mouvements appellent la jeunesse, les confessions religieuses, les intellectuels et les forces politiques de l’opposition à rester vigilants face à toute initiative visant, selon eux, à modifier les règles du jeu démocratique.