Ebola en Ituri : « L’alerte a traîné parce qu’on pensait que c’était une maladie mystique », reconnaît le ministre de la Santé

L’épidémie d’Ebola de souche Bundibugyo poursuit sa progression dans l’est de la République démocratique du Congo. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, a confirmé mardi 19 mai que quatre zones de santé de l’Ituri sont désormais touchées, tandis que des cas ont également été signalés à Butembo, au Nord-Kivu, et à Goma.
S’exprimant lors d’une mise au point diffusée sur la chaîne nationale, le ministre a reconnu que certaines croyances communautaires ont contribué au retard dans la détection de l’épidémie et à sa propagation dans les zones affectées.
« L’alerte a traîné dans la communauté parce qu’il y a une pensée que c’était une maladie mystique, et cela a occasionné l’expansion de la maladie », a déclaré Samuel Roger Kamba.
Selon les autorités sanitaires, le premier cas index remonte au 24 avril 2026. Depuis, la maladie s’est progressivement propagée dans plusieurs localités de l’Ituri avant d’atteindre le Nord-Kivu, suscitant de nouvelles inquiétudes sur la capacité de riposte face à cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC.
Le ministre de la Santé a également fait état de 131 décès enregistrés à ce jour dans les zones concernées. Toutefois, il a précisé que tous ces décès ne sont pas encore officiellement attribués au virus Ebola.
« Il y’a 131 décès dans les zones affectées, mais tous ne sont pas nécessairement imputables à Ebola. Il s’agit de décès suspects, et des investigations sont en cours pour déterminer lesquels sont effectivement liés à la maladie », a expliqué le ministre.
Face à l’évolution de la situation, les équipes sanitaires poursuivent les opérations de surveillance, de traçage des contacts et de sensibilisation communautaire. Les autorités insistent particulièrement sur la nécessité pour les populations de collaborer avec les services de santé afin d’éviter une propagation plus large de la maladie dans l’est du pays.