Ebola en RDC : l’OMS prévient que les violences armées compromettent la riposte contre l’épidémie

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur les conséquences des violences armées qui compliquent la lutte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo. Le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que l’insécurité limite l’accès des équipes sanitaires aux zones affectées, au moment où la maladie continue de se propager, notamment en Ituri, principal foyer de l’épidémie.
Le responsable de l’OMS a cité l’attaque d’un centre de traitement d’Ebola à Bunia, survenue la veille de son intervention, comme une illustration des risques auxquels sont confrontés les personnels de santé. Selon lui, ces actes de violence compromettent les efforts déployés pour contenir la flambée et protéger les populations exposées.
Tedros Adhanom Ghebreyesus a estimé que la réponse à cette crise ne peut pas être uniquement sanitaire. Il a plaidé pour un engagement politique accru afin de garantir l’accès aux zones touchées et de renforcer les principaux piliers de la riposte, notamment la surveillance épidémiologique, les inhumations dignes et sécurisées, la prise en charge des patients ainsi que la mobilisation des communautés.
Le directeur général de l’OMS a également lancé un appel aux partenaires internationaux pour combler un déficit de financement de plus de 400 millions de dollars dans le cadre du plan conjoint mis en œuvre avec les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). « Ce n’est pas de la charité, c’est un investissement dans la sécurité nationale », a-t-il déclaré, invitant les bailleurs à accélérer leur soutien.
Déclarée en mai 2026, la 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC continue de mettre sous pression le système de santé, dans un contexte marqué par les conflits armés, les déplacements de populations et les difficultés d’accès humanitaire. Les autorités sanitaires et leurs partenaires redoutent désormais une installation durable de la transmission dans les nouvelles provinces touchées si les moyens financiers et sécuritaires ne sont pas rapidement renforcés.