Journée « Ville morte » : Patrick Muyaya accuse les promoteurs d’avoir utilisé le « poison rwandais » pour semer la peur

Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a critiqué les organisateurs de la journée « ville morte » du 3 juin. Lors d’un briefing de presse tenu jeudi à Kinshasa, le ministre de la Communication et Médias a accusé certains acteurs de l’opposition d’avoir recouru à des méthodes de manipulation et d’intimidation pour tenter de faire adhérer la population à leur mot d’ordre.
Selon Patrick Muyaya, les initiateurs de cette mobilisation ont utilisé des procédés similaires à ceux employés par les ennemis de la RDC dans la guerre de l’information.
« Les promoteurs et les invocateurs de l’esprit de mort ont imité malheureusement les activités ou les actions du père et du fils [le Rwanda et le M23, Ndlr]. Vous connaissez les modus operandi, ce que nous appelons le poison rwandais », a-t-il déclaré.
Le ministre affirme avoir observé la diffusion de faux contenus sur les réseaux sociaux durant cette journée.
« J’ai vu des deepfakes, des vidéos manipulées de la ministre de l’EPST, j’ai vu des communiqués truqués, j’ai vu qu’il y avait des messages d’intimidation, des messages d’appel à la violence », a-t-il dénoncé.
Pour lui, ces pratiques visaient à instaurer un climat de peur au sein de la population afin de réduire les activités économiques et administratives.
Patrick Muyaya estime cependant que les Congolais n’ont pas suivi massivement cet appel. Il soutient que les citoyens ont préféré poursuivre leurs occupations quotidiennes et que la capitale a continué à fonctionner.
« De toute évidence, le peuple a donné sa réponse », a affirmé le porte parole du gouvernement, ajoutant que plusieurs acteurs aujourd’hui opposés au débat constitutionnel avaient, par le passé, soutenu des initiatives similaires de révision de la Constitution.
Le porte-parole du gouvernement a enfin opposé ce qu’il appelle « l’esprit de vie » à « l’esprit de mort » qu’il attribue aux promoteurs de la ville morte. Selon lui, le gouvernement entend rester concentré sur les priorités du moment, notamment la riposte contre l’épidémie d’Ebola et la sécurisation de l’Est du pays. Cette sortie intervient alors que le débat sur le référendum et la réforme constitutionnelle continue d’alimenter les tensions entre la majorité présidentielle et l’opposition.