RDC-Climat de crise à l’ARSP : les agents interpellent la Présidence et les organes de contrôle

Des agents et cadres de l’Autorité de Régulation de la Sous-traitance dans le secteur Privé (ARSP) accusent la direction générale de l’établissement de mauvaise gestion et de dérives administratives.
Dans une plainte adressée, Mardi 19 mai, notamment au président de la République Félix Tshisekedi, à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, à l’Inspection Générale des Finances (IGF), à la Cellule Nationale des Renseignements Financiers (CENAREF) et à la Cour des comptes, ces agents dénoncent, selon eux, une gestion « chaotique, opaque et préoccupante » menée par le directeur général Miguel Kashal Katemb.
Selon les agents, la situation financière et administrative de l’ARSP se dégrade depuis plusieurs mois. Ils affirment que, depuis août 2025, les loyers et frais de fonctionnement des directions provinciales ne sont plus payés. Selon les agents, les cotisations sociales prélevées sur les salaires ne seraient plus reversées à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), tandis que les retenues fiscales destinées à la Direction Générale des Impôts (DGI) atteindraient plus de 7 millions de dollars américains.
Ils affirment que plusieurs pratiques financières jugées irrégulières auraient également été mises en place au sein de l’établissement. Ils évoquent notamment l’existence présumée de comptes bancaires parallèles à la Sofibanque afin de contourner le système des comptes séquestres imposé par la tutelle. Selon les agents, des redevances auraient aussi été perçues de manière anticipée auprès de certaines entreprises minières sous prétexte de soutenir des actions politiques liées au Chef de l’État.
Les dénonciateurs accusent également la direction de favoriser certaines entreprises dans l’attribution des marchés de sous-traitance. Selon les agents, plusieurs marchés seraient confiés à des sociétés proches des intérêts personnels du directeur général. Ils dénoncent aussi, selon eux, la paralysie de certains services stratégiques comme la direction du suivi des marchés et l’audit interne, censé contrôler les risques de gestion.
Sur le plan social, selon les agents, les travailleurs de l’ARSP font face à plusieurs mois d’impayés concernant les crédits de communication, les indemnités kilométriques et certaines primes statutaires. Ils affirment également que les salaires seraient versés de manière irrégulière après recours à des découverts bancaires générant des intérêts financiers importants pour l’établissement.
Selon leur plainte, le climat interne se serait fortement détérioré ces derniers mois. Ils évoquent notamment l’agression présumée d’un officier de police judiciaire par des gardes lors d’une réunion sur instruction du directeur général. Une situation qui aurait installé un climat de peur au sein de l’institution. Les plaignants accusent aussi la direction de refuser l’installation d’un syndicat capable de défendre les droits des travailleurs.
De plus, ils demandent aux institutions de contrôle et aux autorités judiciaires, notamment au procureur général près la Cour de cassation Firmin Mvonde, d’ouvrir des enquêtes afin de vérifier l’ensemble des faits dénoncés.
À en croire ces agents , l’ARSP risque de sombrer davantage si aucune mesure urgente n’est prise. Ils annoncent par ailleurs la publication prochaine de chiffres détaillés liés aux recettes et aux mouvements financiers enregistrés depuis l’arrivée de l’actuelle direction générale. Les signataires affirment enfin être disposés à répondre devant la justice si les accusations portées dans leur plainte s’avéraient infondées.