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 » Ni référendum, ni 3e mandat  » : l’opposition passe à l’offensive avec une « ville morte » annoncée pour ce 3 Juin en RDC

La tension politique monte d’un cran en République démocratique du Congo. Les principales figures de l’opposition réunies au sein de la coalition « C64 » ont décrété une journée « ville morte » le 3 juin prochain afin de protester contre le projet de loi sur le référendum et toute initiative de révision constitutionnelle attribuée au pouvoir de Félix Tshisekedi.

À travers cette mobilisation nationale, l’opposition veut transformer le débat constitutionnel en rapport de force politique. Pour les leaders de la plateforme, le processus engagé à l’Assemblée nationale autour de la loi référendaire constitue une étape préparatoire à une modification de la Constitution susceptible d’ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel après 2028.

Cette stratégie marque un durcissement du ton entre majorité et opposition. Depuis plusieurs semaines, les proches de Martin Fayulu, Moïse Katumbi, Jean-Marc Kabund et Delly Sesanga multiplient les déclarations pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une « dérive constitutionnelle ». En choisissant l’appellation « C64 », en référence à l’article 64 de la Constitution, cette coalition tente également de donner une portée symbolique et citoyenne à son combat politique.

L’annonce de cette opération intervient dans un climat déjà marqué par des tensions au Parlement. Mercredi 27 mai, les députés du groupe parlementaire « Ensemble » ont quitté l’hémicycle pour protester contre les discussions liées à la proposition de loi sur l’organisation du référendum. Ce départ illustre la profondeur des divisions autour de cette question sensible.

Face à cette pression, le camp présidentiel maintient cependant sa ligne. Les dirigeants de l’UDPS et de l’Union sacrée défendent un débat qu’ils présentent comme démocratique et conforme aux mécanismes prévus par les institutions. Le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya, affirme d’ailleurs que la réflexion autour des réformes institutionnelles s’inscrit dans la continuité idéologique du parti fondé par Étienne Tshisekedi.

Au-delà du bras de fer politique, cette montée des tensions révèle surtout l’importance stratégique de la question constitutionnelle dans la bataille pour 2028. Dans un pays fragilisé par l’insécurité persistante dans l’Est et par une crise sociale profonde, plusieurs observateurs redoutent désormais que le débat sur le référendum ne cristallise davantage les fractures politiques et sociales au cours des prochains mois.

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