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Ebola en RDC : « Lorsque les pays signalent leurs cas de manière transparente, si vous leur imposez une interdiction de voyager, cela ne les encourage pas » (DG de l’OMS)

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé(OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a mis en garde contre les restrictions et interdictions de voyage imposées à certains pays touchés par l’épidémie d’Ebola, estimant que ces mesures risquent de décourager la transparence des États dans la déclaration rapide des cas. Le numéro Un de l’OMS s’est exprimé ce jeudi 28 mai à Kinshasa, où il séjourne dans le cadre d’une mission de soutien à la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola qui frappe l’est de la République démocratique du Congo.

« Lorsque les pays signalent leurs cas de manière transparente, si vous leur imposez une interdiction de voyager, cela ne les encourage pas », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Selon le responsable de l’OMS, les interdictions de voyage ne constituent pas une réponse efficace face à une épidémie. Il estime que ces mesures peuvent, au mieux, ralentir temporairement la circulation du virus sans pour autant stopper sa propagation.

« La recommandation de l’OMS est qu’interdire les voyages n’est pas conseillé. Parce que cela n’aide pas beaucoup. Cela pourrait ralentir, peut-être vous donner un répit de quelques jours, mais pas plus », a-t-il expliqué.

Le directeur général de l’OMS affirme que la priorité doit plutôt être accordée au renforcement des dispositifs sanitaires dans les zones touchées. « La meilleure approche consiste à intensifier les mesures à la source et à apporter du soutien », a-t-il insisté.

Tedros Adhanom Ghebreyesus a également averti que les sanctions liées aux voyages pourraient pousser certains pays à retarder la déclaration des cas par crainte des conséquences économiques et diplomatiques.

« Les autres pays se diront alors : d’accord, si je dois être sanctionné ou s’il y a une interdiction de voyager qui m’est imposée, alors pourquoi devrais-je signaler les cas rapidement ? », a-t-il déclaré, soulignant que cette situation peut avoir « des conséquences sur la santé publique ».

Le patron de l’OMS rappelle par ailleurs qu’il existe d’autres moyens de contrôler les risques sanitaires aux frontières sans recourir à des fermetures strictes.

« Il existe des moyens de gérer les frontières et de gérer les cas sans avoir recours à des restrictions strictes ou à des interdictions de voyager. Et à l’OMS, nous n’encourageons pas cela. De plus, ce n’est pas vraiment efficace non plus », a-t-il conclu.

Plusieurs pays, notamment les États-Unis et le Canada, ont récemment renforcé leurs restrictions à l’égard des voyageurs en provenance de la RDC en raison de la progression de l’épidémie d’Ebola causée par la souche Bundibugyo.

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